Les Francs-Bourgeois

Raison 1 : le français facilité par l’étymologie 

 

  • Le français comporte une majorité de mots issus du latin (environ 80 % du vocabulaire) et du grec. Travailler les langues « mortes » permet donc de comprendre la formation des mots, de saisir leur sens, d’éviter beaucoup de fautes d’orthographe. Pour prendre un exemple simple, « cheval » se dit « hippos » en grec et « equus » – (equi au pluriel) en latin: on retrouve ces racines dans hippisme, hippodrome, hippocampe ou équitation, équidés… À ne pas confondre avec « aequus » qui signifie « égal » et qui est présent dans équidistance, équilatéral, équateur…
  • Et si les déclinaisons sont absentes de notre grammaire, leur apprentissage développe des aptitudes à l’analyse et à la synthèse. En latin ou en grec, impossible de traduire ou même de comprendre une phrase sans connaître la nature et la fonction du mot. Finalement, la grammaire française se maîtrise peu à peu, s’assimile en profondeur, à travers les thèmes et les versions « antiques ». En effet, pour reconnaître les sujets, compléments d’objet, de lieu, de manière… il faut pouvoir identifier et appliquer la déclinaison adéquate puisqu’à chaque fonction correspond un cas.
  • Ainsi, par le biais des comparaisons et précisions imposées par les exercices de traduction, les élèves se familiarisent encore mieux avec leur langue maternelle.

                                                                

Raison 2 : maîtrise des autres langues 

  • L’accès aux langues modernes est facilité par l’étude du latin et du grec. La majorité des idiomes étudiés dans le secondaire sont d’origine latine.
  • C’est le cas bien sûr des langues romanes (français, italien, espagnol, portugais) mais aussi de l’anglais où environ la moitié des mots dérive plus ou moins directement du latin.
  • Quant à l’allemand, si son vocabulaire reste éloigné du latin et du grec (il serait à la limite plus proche de l’anglais), la persistance des déclinaisons dans la langue de Goethe (de même qu’en russe) rend son apprentissage moins laborieux grâce aux langues anciennes.
  • En outre, l’alphabet grec, très simple et esthétique, constitue une introduction en douceur à d’autres alphabets plus complexes (russe, arabe, japonais).
 
LATINFRANCAISITALIENESPAGNOLPORTUGAISANGLAIS
populuspeuplepopolopueblopovopeople
primuspremierprimoprimeroprimeiroprime
paxpaixpacepazpazpeace
probareprouverprovareprobaraprovarto prove
studereétudierstudiareestudiarestudarto study
numerusnuméronumeronúmeronùmeronumber

Raison 3 : acquisition de compétences 

  • Les langues antiques aident au développement des compétences intellectuelles grâce à la diversité des exercices qui structurent leur enseignement. Elles stimulent des qualités qui peuvent se révéler décisives dans d’autres disciplines scolaires, dans la vie personnelle, dans la vie professionnelle.
  • Elles apportent des méthodes de travail pour la résolution de problèmes: analyse, décomposition en éléments pour obtenir une vue d’ensemble, synthèse de ces éléments… Ceci est utile aussi bien dans les matières littéraires (lettres, langues) que scientifiques (mathématiques, physique, médecine).
  • Elles nécessitent et développent de réelles qualités: logique, rigueur, aisance en français et dans d’autres langues vivantes ou anciennes.
  • Elles conduisent également à une meilleure maîtrise du discours. D’une part, elles apprennent à argumenter. D’autre part, elles permettent d’imaginer des histoires en prenant appui sur les mythes et les discours antiques. Dans de nombreux domaines comme la philosophie, l’histoire, l’art, le droit… elles apportent des connaissances quasi indispensables tant au point de vue linguistique que culturel.Par ailleurs, les élèves qui ont entretenu leurs « antiquités » jusqu’au niveau du bac (ou même au-delà) se distinguent par leur capacité à fournir un effort supplémentaire. Cela peut jouer en leur faveur lorsqu’il s’agit de choisir parmi de nombreux candidats. Le latin et le grec restent un label de qualité garantissant des compétences intellectuelles et une certaine culture générale.

Raison 4 : l’héritage culturel 

  • Outre l’héritage linguistique, le latin et le grec font accéder à l’héritage culturel gréco-romain. Autrefois, leur enseignement était inclus dans les études des élites, pour en faire des « têtes bien faites ». Actuellement, nos enfants affichent plutôt une triste inculture historique. Pourtant, le simple fait d’étudier le monde antique permet de comprendre l’importance de l’univers gréco-romain dans nos coutumes et traditions politiques, historiques, morales, littéraires et artistiques. L’étude du latin comme du grec a ceci de particulier qu’elle se fait sur des extraits d’œuvres majeures de la littérature antique. Ainsi l’étude de la langue est liée à celle de l’histoire antique. D’où la possibilité de découvrir d’abord la vie quotidienne sous l’antiquité et par la suite les écrits des grands poètes, narrateurs, philosophes, artistes, tragédiens et dramaturges. Leurs œuvres ont des retentissements sur notre vie contemporaine au plan politique, religieux, social, littéraire et philosophique.
  • Des sociétés très avancées qu’étaient les mondes romain et grec, nous avons beaucoup à retirer. L’étude de leur langue n’a donc pas que pour but de traduire des textes. Il faut s’attacher aux pensées, aux concepts, aux idées, aux théories… Elles ont connu, comme nous aujourd’hui, des dictatures, des tyrans, des guerres, des hommes avides de pouvoir, des sages, des hommes politiques qui ont jeté les bases de la société telle que nous la vivons au quotidien. Apprendre le latin et le grec permet ainsi de multiplier, dès le plus jeune âge, les occasions de réfléchir sur le sens de la vie collective pour aboutir à une formation civique et morale via l’étude des textes des fondateurs de la démocratie.
  • Les œuvres artistiques de cette période sont nombreuses. Elles prennent leur inspiration le plus souvent dans la mythologie et ses croyances. Pour profiter pleinement de cet héritage, des notions sur la question sont nécessaires : de quoi prendre davantage de plaisir à visiter les musées ! Latin et grec nous apportent tant qu’il n’est peut-être pas opportun d’attendre que les enfants soient motivés pour les étudier. Les inscrire et leur demander de les travailler sérieusement, c’est leur donner des bases pour devenir des hommes ou des femmes érudits(es) et capables de comprendre la société dans laquelle ils grandissent.